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Ban CK conf

Ce 28 mai au soir, rendez-vous était donné par le conseil de participation à tous ceux qui souhaitaient réfléchir et partager autour des médias dans la vie de nos enfants… et de la réflexion, il y en a eu … Autour de tables et de phrases, enseignants, parents, grands-parents ont participé à une soirée, pas comme les autres.

En lien direct avec un des 4 objectifs fixés par le plan de pilotage de l’école qui a été travaillé durant toute l’année scolaire par l’équipe pédagogique, cette thématique est plus que jamais dans l’air du temps …

En une soirée, on a fait le tour de ce thème en réfléchissant et en se positionnant par rapport à l’aspect éducatif, l’aspect pédagogique, les usages et aux partenariats possibles entre les parents et l’école. Loin des conférences « théoriques », ce moment convivial a été rythmé par plusieurs étapes …

D’abord, positionner un peu la problématique par des faits, des chiffres. Il existe vis-à-vis de l’utilisation des médias par les enfants des discours qui peuvent être à la fois anxiogènes et culpabilisants. C’est le cas d’études scientifiques sur la problématique de la « lumière bleue » ou du développement cognitif des enfants mais aussi de campagnes d’information institutionnelles.

Des recherches scientifiques, ressortent des doutes. Est-ce nuisible ou pas ? Toutes sont loin d’être d’accord et on s’accorde généralement à dire qu’il faudra encore du temps pour trancher la question.

Des campagnes de sensibilisation, naissent des clichés, pas forcément infondés mais peut-être exagérés … Les « mauvaises rencontres » sur le net, l’addiction, la désocialisation … une face noire, composée de nombreux dangers, constamment présentée à la société.

Face à ces informations, à la méconnaissance des usages que font les jeunes du numérique, ainsi qu’aux mutations rapides de ce secteur en pleine expansion ; nous, adultes (parents ou enseignants) essayons de suivre, de comprendre, de nous positionner … avec un certain temps de retard. Cela peut faire peur !

Des campagnes telles que 3-6-9-12, relayée par la Fédération Wallonie Bruxelles, bien que donnant des repères intéressants en terme d’âge et d’utilisation, peuvent être culpabilisantes … Par exemple, quand le plus jeune des enfants de la famille découvre tout naturellement les écrans par l’utilisation des ainés …. avant 3 ans.

Prendre de la distance par rapport à ces peurs et comprendre ce qui sous-tend cette utilisation

On peut distinguer 3 approches rationnelles face à cette problématique. Ce sont 3 postures éducatives différentes qu’il est possible d’utiliser en fonction de l’âge de l’enfant … mais aussi en fonction de la durabilité de chacune dans le temps … Tout interdire à la maison ne dure qu’un temps, si une possibilité d’utilisation des médias existe à l’extérieur de la famille (par des amis par exemple), l’utilisation n’est plus alors soumise à aucun filtre familial …

1. La posture protectrice utilise des filtres parentaux, des interdictions.
2. La posture sélective utilise des critères pour hiérarchiser les utilisations et autoriser ou non certaines d’entre elles en fonction de ces critères.
3. La posture autonomisante utilise le développement d’un sens critique pour éduquer aux médias, comprendre les risques et donc permettre aux jeunes de se définir des limites.

L’utilisation de ces postures crée une approche éducative aux médias qui se marquera en retour dans la consommation des médias par les jeunes. Il est donc important de bien peser le pour et le contre de chacune et de définir des stratégies pour guider au mieux les enfants dans leur découverte et leur maîtrise des médias.

On parle souvent du temps passé devant un écran … Combien de temps peut-on raisonnablement passer devant un écran ?
La réponse est … cela dépend !

La perception du temps est directement relié au plaisir que nous procure une activité. Si on aime pas l’activité, le temps nous paraît long et l’arrêter ne pose pas de soucis. A contrario, si cette activité nous passionne, un grand laps de temps peut nous paraître court et l’arrêter va procurer de la frustration.

Mais la perception du temps est aussi liée à l’âge … Nous n’avons pas tous le même rapport au temps :
• jusqu’à 5 ans, le temps doit être matérialisé par la succession d’actions. Ce sont ces changements réguliers qui donnent la notion de temps.
• A 8 ou 10 ans, le temps devient une entité abstraite que l’on peut manipuler mentalement, prévoir.

Mais en règle général, l’enfant n’a pas la même relation au temps que l’adulte car il n’a pas le soucis du temps qui passe, il ne suit pas un agenda quotidien rythmé … ce qui peut plus facilement l’amener à des débordements de temps importants.

Finalement, il existe une relation complexe entre l’attention que l’on porte à une tâche et la perception du temps. Plus on est concentré sur une tâche, moins on voit le temps passer.

Le temps va donc devoir tenir compte à la fois de cette relation au plaisir, du risque de frustration possible qu’il faudra gérer à l’arrêt de l’activité médiatique. Il n’est donc pas possible de le normer à priori … cela va dépendre de l’analyse spécifique de chaque situation.

Il y a par contre, une règle à respecter … Il ne faut absolument pas que ces activités média empiètent sur les besoins fondamentaux tels que le sommeil, les besoins sociaux ou encore l’hygiène de vie. Certains s’inquiéteront du qualificatif de « cyber dépendance » donné à certains comportements. N’oublions pas que cette notion de dépendance est typiquement liée à la sphère médicale et qu’avant de pouvoir en parler, il faut consulter !

Quelques balises sont maintenant nécessaires pour cadrer tout cela. A quoi dois-je penser afin de mettre une stratégie d’accompagnement efficace face aux médias ?
1. Définir à l’avance l’heure du coucher.
2. Faire toucher du doigts les limites de la perception du temps (faire prendre conscience de l’heure de début de l’activité et faire estimer par l’enfant le temps passé à la fin de l’activité. La comparaison de l’estimation avec le temps réel peut être une aide tant à la prise de conscience de ce problème de perception du temps qu’à l’acceptation de l’enfant)
• Il est aussi possible d’utiliser une minuterie. Il s’agit ici d’une approche sélective sur le seul critère temps. Il est dès lors possible que ce critère plaisir déclenche de la frustration qu’il faudra pouvoir gérer.
• Dans l’approche autonomisante, nous aurons recours à la programmation de l’activité dans le temps en définissant de commun accord l’heure de début et l’heure de fin.

3. Une organisation de l’espace est aussi importante en se posant la question du lieu d’utilisation des écrans.
4. Finalement, comme il y a un rapport fort au plaisir, il est important de pouvoir recevoir l’expression des sentiments (comme la frustration) et de s’y préparer (donner le temps et l’énergie d’en discuter).

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AdmirorGallery 5.2.0, author/s Vasiljevski & Kekeljevic.

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