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| gestion des conflits |
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La gestion de conflit dans l’éducation à la citoyenneté… Durant deux années, Nathalie Ballade (1) et moi avons dispensé le programme «Graines de médiateurs» (2) dans quatre classes de l'Institut Saint-Joseph à Malonne. Au fil de vingt séances dans les classes, de coachings des enseignants au terme de chacune d'elles, de deux journées de formations pour toute l'équipe pédagogique, de deux conférences pour les parents, de six journées de formation pour les enseignants concernés, des liens durables se sont créés. Des liens d'amitié nés de la confiance que chaque partenaire a accordée à l'autre, des partages réciproques de points de vue et de compétences, de la créativité sans cesse estimulée. Des liens qui, au-delà des enseignants, se sont noués avec les enfants, leurs parents, les différents adultes qui les encadrent. Permettant une construction solide et durable qui persistera après le départ de l'équipe de l'Université de Paix, au travers de l'enseignement des professeurs impliqués dans le projet et de leurs collègues qui se sont montrés curieux, intéressés et preneurs, mais aussi, au travers d'un projet d'établissement qui garantit sa pérennité et que la direction, une atmosphère Le projet «Graines de médiateurs», qui vise à initier les enfants à la gestion positive des conflits, a été accueilli dans de nombreuses écoles volontaires. La méthodologie mise au point par l'Université Dans la classeNathalie a été chez les 3ièmes années avec Monsieur André. Instituteur expérimenté et créatif, conteur connu par ailleurs, convaincu avant même notre arrivée que l'apprentissage se fera d'autant mieux que l'enfant se sentira bien, il a multiplié comme les petits pains les idées et suggestions apportées par l'Université de Paix. J'ai été d'abord chez Madame Françoise et les 3e - 4e ; avant de commencer l’animation, j'admirais les nouvelles réalisations d'enfants et la progression des apprentissages. Tant de choses se passaient entre mes interventions : des règles d'orthographes et de calcul s’ajoutaient au mur, des dossiers scientifiques s'empilaient, trouvant miraculeusement de la place entre des chefs d'oeuvre qui séchaient avant de faire le bonheur des mamans et les bougies que l'on n'a pas oublié d'allumer pour soutenir un enfant qui s'inquiétait pour un proche. Surplombant le coin où avait lieu l'animation, des cordes auxquelles étaient accrochés les derniers sujets d'élocution. Nathan, siréservé et taiseux en début d'année, m'a expliqué les différentes espèces d'aigles qu'il avait répertoriées, m'en a montré les photos et a attiré mon attention sur les sujets d'élocution qui l'avaient enthousiasmé. Et puis surtout, au mur, au tableau, les animaux du conflit (3), les bonhommes des sentiments, l'arbre des besoins, autant de signes que ce qui a été appris lors des séances précédentes a été retenu, intégré et servi de façon régulière. Après la récréation, c’était la classe de 4ième de Madame Sophie. Les mêmes traces d'une pédagogie planifiée avec sa collègue s'étalaient sur des murs aux couleurs vives et toniques. Bien que la même préparation était prévue pour les deux séances, rien ne se passait jamais à l'identique. Un conflit vécu durant la récréation, l'émotion d'un enfant qu'il arrivait à mettre en mots de façon juste et forte, la dynamique du groupe, l'énergie du moment faisaient la différence Nathalie et moi nous sommes rappelées que des petits et des grands miracles se sont produits à chaque séance, que Et cela a été le cas! C'était incroyable! Des échanges de signatures grâce au «Bingo», pour briser la glace. «Les pingouins sur la anquise» et «Pêcheur, filet, sardines» pour se rapprocher des autres, se serrer, l'empiler. Je garde en mémoire ces petites filles et petits garçons, juchés fièrement sur les épaules de leurs parents qui éclatent de rire et visiblement s'amusent beaucoup. «Miroir» a été, selon moi, le «magic moment», une synthèse idéale de tout ce que nous avons vécu et partagé durant deux ans. Trois cents personnes, en couples, chacun faisant face à l'autre et bougeant au rythme de la musique dans des mouvements identiques et harmonieux. Frère et soeur, grand-père et petit-fils, enfant et parent, copain et copine, élève et enseignant, les yeux dans les yeux, liés par un fil invisible, avec un sourire qui se dessine, s'élargit, puis le rire qui éclate. Nous le savions déjà mais là, nous en avons la preuve : l'objectif était atteint, au-delà même de nos espérances, et ses effets ne s'éteindraient pas de si tôt. Article de Cathy Van Dorslaer Pour en savoir plus sur l'université de paix, c'est par ici ici (1) Nathalie Ballade – Formatrice à l’Université de Paix(2) La Fondation Bernheim soutient ce programme de formation Graines de médiateurs - Développement des habiletés sociales (2009-2010) dans 24 classes réparties dans 12 écoles primaires, en Communauté française de Belgique. Plus d’infos : cf. page 18 de ce Trimestriel. (3) Chacune des 5 attitudes face au conflit peut être conceptualisée par un animal, par exemple : la compétition (le requin), l’adaptation (le nounours), la fuite (la tortue), l’accommodation (le renard) et la collaboration (la girafe). (4) cf. Fiche d’activité reproductible : la météo du jour, page 17 de ce Trimestriel. (5) Deux outils pédagogiques pour découvrir les étapes du programme «Graines de médiateurs – Développement d’habiletés sociales» : un livre et un dvd (35 euros, port non compris) |
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